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Dans le présent est tout le temps : Orb et Krishnamurti

Le 20 avril 1985 à Washington, Krishnamurti donne une causerie intitulée « Dans le présent est tout le temps ». Quarante ans plus tard, un mangaka japonais en écrit la démonstration narrative sans le savoir : quatre-vingts ans, quatre générations, aucun personnage qui voit l'aboutissement de ce qu'il commence. Et le chiffre que Krishnamurti avance ce jour-là a empiré de moitié.

Le 20 avril 1985, à Washington, un homme de quatre-vingt-dix ans monte sur scène et commence par prévenir la salle que ce ne sera pas une conférence.

« Ceci n'est pas un exposé sur un sujet particulier selon certaines disciplines, scientifiques ou philosophiques. Les exposés servent à informer sur un sujet ou à instruire, et nous n'allons pas faire ça. »

La causerie s'appelle « In the Present Is the Whole of Time » — dans le présent est contenu tout le temps. Ce sera l'une de ses dernières : Jiddu Krishnamurti parlera encore neuf mois, jusqu'au 4 janvier 1986 à Madras, et mourra le 17 février.

Et quarante ans plus tard, un mangaka japonais écrit la démonstration narrative de ce titre sans jamais citer son auteur. Orb: On the Movements of the Earth couvre quatre-vingts ans en quatre arcs : Rafal reçoit l'enseignement d'Hubert puis meurt, d'autres retrouvent son travail dix ans après, d'autres le reprennent vingt-cinq ans plus tard. Aucun personnage ne voit l'aboutissement de ce qu'il commence. Chacun agit dans un présent qui contient les quatre-vingts ans.

C'est mon anime préféré. Il est historiquement faux, je vais le démontrer, et ça ne l'affaiblit pas — ça déplace son sujet.

Le chiffre de la causerie, quarante ans après

Commençons par une vérification, parce que Krishnamurti avance ce jour-là une donnée factuelle.

« Il y a environ quarante guerres en cours à l'heure actuelle. »

Quarante, en avril 1985. Les deux références européennes du domaine — l'Uppsala Conflict Data Program en Suède et le PRIO d'Oslo en Norvège — comptent aujourd'hui, pour l'année 2024, 61 conflits armés étatiques actifs répartis dans 36 pays, dont onze franchissent le seuil des mille morts annuels. C'est le nombre le plus élevé depuis le début des relevés en 1946, et le nombre de conflits impliquant des États a quasiment doublé depuis 2010.

Fais le rapport : +52,5 % en trente-neuf ans.

Ce n'est pas une anecdote. C'est le test de sa thèse centrale, qu'il énonce quelques minutes plus tard et qui est le cœur de toute la causerie :

« Là où il y a division, il doit y avoir conflit. C'est une loi. »

Il ne dit pas que la division cause parfois le conflit. Il en fait une loi, au même titre qu'une loi physique. Quarante ans de données européennes ne l'ont pas contredit.

Ce que la causerie dit de la religion

Sur ton premier mot, Krishnamurti est d'une brutalité qui surprend chez quelqu'un qu'on range au rayon spiritualité.

« Les chrétiens ont tué plus que quiconque sur cette terre. »

Il ajoute immédiatement : « nous observons ces faits, ces réalités, sans prendre parti ». Puis il place les religions exactement au même rang que le drapeau :

« Les religions ont divisé l'homme, exactement comme le nationalisme, qui est une forme de tribalisme glorifié. »

Et il y a une phrase que je n'avais jamais lue et qui vaut à elle seule la lecture. Il parle des fondamentalismes qui se réveillent partout, « en Inde, ici, et en Europe », et il s'arrête sur un mot :

« Je me demande si vous avez déjà regardé le mot "ranimer". On ne peut ranimer que ce qui est mort ou en train de mourir. On ne peut pas ranimer une chose vivante. »

Garde-la. C'est exactement ce qui sépare Orb d'un récit de restauration : dans la série, rien n'est ranimé. Une idée est transmise, ce qui est le contraire.

Ce que l'Europe savait déjà de Copernic

Parce qu'il faut maintenant régler la question historique, et les faits sont européens.

L'homme qui a réellement sorti la Terre du centre du monde entre à l'université Jagellonne de Cracovie en 1491. Ce n'est pas un marginal traqué : c'est un étudiant d'une des grandes universités du continent. Il devient chanoine de la cathédrale de Frauenburg, élection confirmée en 1497, poste ecclésiastique occupé jusqu'à sa mort. L'Église le consulte dans le cadre du Ve concile du Latran, parce qu'on a besoin de ses compétences pour réformer le calendrier. Et quand De revolutionibus paraît en 1543, le livre est dédié au pape Paul III.

Mise à l'Index en 1616. Soixante-treize ans après.

Et voici le fait qui ridiculise le décor d'Orb mieux qu'aucun argument. Dans le sol de la basilique San Petronio, à Bologne, court une ligne de marbre de 67,72 mètres. Giovanni Domenico Cassini commence les travaux en 1653 et l'inaugure au solstice d'été 1655 : un trou percé dans la voûte transforme l'église en chambre noire géante, et l'image du Soleil se déplace sur la ligne au fil des saisons. Cassini voulait trancher entre l'excentricité de Ptolémée et le mouvement non uniforme de Kepler. Il a mesuré 0,0167, et il a validé Kepler.

Dans une basilique. Vingt-deux ans après la condamnation de Galilée. Et si l'instrument était là, c'est que l'Église avait besoin de solstices mesurés au plus juste pour fixer Pâques depuis la réforme du calendrier de 1582.

Maintenant relis Krishnamurti :

« Les merveilleuses cathédrales d'Europe — la beauté, la structure, l'architecture — ont été assemblées par la pensée. »

Il les cite comme le produit par excellence de la pensée, donc du limité, donc du conflit. Bologne ajoute une couche qu'il ne mentionne pas : une cathédrale d'Europe a servi non pas à exprimer une pensée, mais à en tester une — et la pensée testée a gagné contre celle de l'institution qui possédait le bâtiment.

La thèse du conflit est un produit d'importation

Ce qu'on appelle la guerre entre la science et la religion n'est pas une observation européenne. C'est une thèse américaine, avec deux auteurs et deux dates : John William Draper, History of the Conflict Between Religion and Science, 1874. Andrew Dickson White, A History of the Warfare of Science with Theology in Christendom, 1896.

Pendant que ces livres se vendaient outre-Atlantique, un physicien français passait ses dernières années à démontrer l'inverse. Pierre Duhem publie à partir de 1913, chez Hermann à Paris, Le Système du monde. Histoire des doctrines cosmologiques de Platon à Copernic — une somme consacrée à établir la continuité entre scolastique médiévale et science moderne. Là où Draper voyait une rupture arrachée contre l'Église, Duhem documentait une filiation qui passe par elle. Le consensus des historiens lui a donné raison dans les années 1970.

Le décor d'Orb ne vient pas du XVe siècle européen. Il vient de 1874, et il a traversé l'Atlantique.

Alors pourquoi ça fonctionne, et ce que ça coûte en années

Le sujet d'Orb n'est pas une découverte : c'est son coût et sa transmission. Et pour filmer le coût d'une conviction, il faut une institution prête à tuer pour une cosmologie. Le XVe siècle européen n'en fournit pas — il fournit une université à Cracovie et, deux siècles plus tard, une méridienne dans une basilique. Il fallait donc l'inventer. L'anachronisme est le prix d'entrée du sujet.

Maintenant fais l'arithmétique de la transmission réelle, celle qu'Orb comprime.

Étape Date
Brudzewski enseigne à Cracovie vers 1477
Copernic s'y inscrit 1491
De revolutionibus, dédié au pape 1543
Mise à l'Index 1616
Bologne valide Kepler dans une église 1655

De l'inscription de Copernic à la mise à l'Index : 125 ans. Depuis l'enseignement de Brudzewski : 139 ans. Orb en met quatre-vingts. La chaîne réelle est une fois et demie plus lente que la fiction — et c'est la fiction qu'on trouve invraisemblable.

Le dernier personnage d'Orb a réellement existé, et il avait tort

C'est le détail le plus beau de la série, et il est polonais.

Le dernier arc met en scène un certain Albert Brudzewski. Ce n'est pas une invention. Wojciech de Brudzewo naît le 6 avril 1445 et meurt vers 1497 à Vilnius. Recteur de l'université Jagellonne, il y enseigne les mathématiques et l'astronomie pendant deux décennies, et publie en 1482 un Commentariolum qui attaque les modèles ptoléméens — excentriques, épicycles, équants. Copernic s'inscrit à Cracovie en 1491, alors qu'il enseigne depuis des années.

Et voici ce qui rend la chose vertigineuse : Brudzewski était géocentriste. Il n'a jamais soutenu que la Terre tournait. Il a seulement démonté assez sérieusement les modèles existants pour que le doute devienne enseignable.

Uoto termine donc quatre-vingts ans de martyrs imaginaires sur un homme réel, professeur d'université, en règle avec son époque, et qui avait tort. Après tous ces bûchers, la fiction se raccorde à l'Histoire sur quelqu'un qui n'a rien découvert, rien risqué, et a seulement bien enseigné le doute.

C'est la même chose que dit Krishnamurti quand il redéfinit un mot dont l'Église d'Orb a fait un instrument :

« Le mot "discipline" signifie le disciple qui apprend du maître. Apprendre, non pas se discipliner au sens de se conformer, d'imiter, de s'ajuster. »

Le 3 août 1929, à Ommen : le prix d'une phrase

Reste à nommer l'antagoniste. Ça a été fait, avec une date et un lieu, aux Pays-Bas.

En 1911, la Société théosophique fonde l'Ordre de l'Étoile d'Orient autour d'un adolescent indien désigné comme futur instructeur du monde. Au début des années 1920, le baron néerlandais Philip van Pallandt cède à l'Ordre le château d'Eerde et son domaine, à Ommen : 1 667 hectares.

Le 3 août 1929, devant les membres réunis, Krishnamurti dissout l'organisation dont il est la raison d'être :

« La vérité est un pays sans chemin, et vous ne pouvez l'approcher par aucun chemin, aucune religion, aucune secte. »

On peut trouver la phrase belle et bon marché. Voici son prix : l'acte de propriété du domaine a été retransféré à la famille van Pallandt en 1931. Mille six cent soixante-sept hectares rendus. C'est la seule mesure sérieuse d'un discours de ce genre.

Cinquante-six ans plus tard, à Washington, il n'a pas bougé d'un millimètre :

« De notre confusion, nous créons l'autorité, les gourous, les prêtres. »

« Il n'est pas une autorité, il n'est pas un gourou, Dieu merci. »

Relis l'Inquisition d'Orb avec ça en tête. Ce que combat la série n'est pas la croyance en Dieu — ses personnages y croient presque tous, et leur foi est la raison pour laquelle ils regardent le ciel. C'est l'organisation d'un chemin vers la vérité, et le monopole de ce chemin. L'Inquisition d'Orb n'est pas catholique par essence : elle est ce que devient n'importe quelle organisation qui possède la vérité.

Et si l'on voulait encore croire à une guerre entre science et religion, il faut regarder ce qu'il fait ensuite : à partir d'août 1965, à Saanen en Suisse, il entame des entretiens enregistrés avec David Bohm, physicien quantique, professeur à Birkbeck College à Londres. Les dialogues s'étendront sur près de vingt-cinq ans — six en 1965, douze en 1975, quinze en 1980, un dernier en 1984 — entre Saanen et Brockwood Park en Angleterre.

Comprendre, pardonner, absoudre

Tu poses le pardon. La causerie de Washington y répond, mais pas comme tu l'attends.

Séparons d'abord trois gestes qu'on confond presque toujours. Comprendre est un acte de connaissance : tu reconstitues les causes. Pardonner est un acte relationnel : tu renonces à ta créance, et il t'appartient. Absoudre est un acte institutionnel : une autorité efface la dette à ta place — exactement la prérogative que l'Église d'Orb s'arroge.

La série fait le premier, refuse le troisième, laisse le second au spectateur. C'est le programme de Spinoza, dont j'ai déjà écrit que la formule circule amputée d'un mot : ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre.

Krishnamurti, lui, ne répond pas à la question. Il la dissout, et c'est plus dérangeant. Le 20 avril 1985, il pose ceci :

« Quand vous dites "je suis blessé", qui est blessé ? Est-ce l'image que vous avez construite de vous-même qui est blessée — le psychisme ? »

« Le psychisme, c'est le "moi", et le "moi" est l'image que j'ai construite de moi. Il n'y a rien de spirituel là-dedans. »

Et la conclusion, qui est une question :

« Est-il possible de vivre sur cette terre sans avoir une seule image, de qui que ce soit, y compris de Dieu — s'il existe une telle entité — aucune image de votre femme, de vos enfants, de votre mari ? Pas une seule image ? Alors il devient possible de n'être jamais blessé. »

Pas de blessure, donc rien à pardonner. C'est d'une cohérence redoutable, et je ne suis pas sûr que ce soit humain — parce que toute la charge retombe sur celui qui a subi. Dit à quelqu'un qu'on vient de détruire, c'est indiscernable d'un « passe à autre chose ».

Et c'est exactement là qu'Orb se tient. La série enregistre tout — rien de ce que fait Nowak n'est effacé, aucune mort n'est rachetée — et elle refuse quand même le monstre. Nowak souffre, il a ses raisons, il croit empêcher un mal, et l'arc qui le lie à Jolenta est le plus douloureux de l'ensemble. On ne nous accorde jamais le confort d'un monstre, et on ne nous demande jamais d'effacer l'ardoise.

L'agnosticisme n'est pas le tiède milieu

Ton dernier mot est dans la citation ci-dessus, en cinq mots glissés entre deux tirets : « y compris de Dieu — s'il existe une telle entité ».

Ce n'est ni de l'athéisme ni de la foi. C'est une parenthèse qui met la question entre crochets et continue. Il ne démontre pas que Dieu n'existe pas, il ne l'affirme pas non plus : il constate qu'on n'en sait rien et refuse d'en faire une image de plus.

C'est ça, l'agnosticisme sérieux : non pas une hésitation, mais une affirmation sur les limites de ce qui peut être établi. Et Krishnamurti en fait une méthode, pas un aveu :

« Ce qui est important dans cette recherche, c'est d'avoir énormément de doute, de scepticisme, de ne jamais accepter quoi que ce soit pour argent comptant. »

« Il faut douter de toutes ses expériences. »

C'est exactement la discipline des astronomes d'Orb : voici une observation, voici un modèle qui en rend mieux compte, et ce modèle doit pouvoir être mis à l'épreuve. Ce qui range l'agnostique et le croyant du même côté — le chanoine Copernic et la méridienne de Bologne le prouvent — et déplace l'adversaire. L'ennemi n'est pas la foi, c'est le refus qu'une affirmation soit testée.

Les valeurs, et la phrase que je retiens

Sur ton dernier mot, la causerie donne une formule que j'aurais aimé écrire :

« L'intérêt personnel est le commencement de la corruption. »

Il ajoute : « qu'il s'agisse de l'homme politique ou de l'homme religieux ; l'intérêt personnel domine le monde, et il y a donc conflit. »

C'est précisément ce que je décrivais avec la farine du boulanger, en beaucoup plus long et sans la trouver aussi nette : personne n'a besoin d'être méchant pour que le tort se produise, il suffit que chacun compte pour soi. Krishnamurti le pose en une ligne, en 1985, et il en tire une conséquence que je n'avais pas osée :

« Psychologiquement, vous êtes le reste de l'humanité. Votre conscience n'est pas la vôtre. »

Points faibles : cinq objections

Juger un anime à son exactitude historique est une faute de catégorie. Personne ne le reproche à Berserk ni à Vinland Saga, et Orb se déroule dans un royaume explicitement imaginaire. J'ai passé un quart de cet article à réfuter une prétention que l'œuvre n'a jamais eue.

Que la thèse du conflit soit fausse ne veut pas dire que rien ne s'est passé. L'Index a existé, Galilée a été condamné en 1633, Giordano Bruno a été brûlé à Rome en 1600 — pour des hérésies théologiques et non pour son astronomie, mais brûlé. Et Duhem lui-même a été critiqué pour avoir tiré la continuité un peu loin, en catholique convaincu qu'il était.

Mon rapprochement entre les deux œuvres est le mien, pas celui des auteurs. Rien n'indique qu'Uoto ait lu Krishnamurti, et rien ne l'exige : deux personnes peuvent décrire la même structure sans se connaître. Mais je fabrique une filiation là où il n'y a peut-être qu'une coïncidence de forme, et c'est le genre d'interpolation qui séduit précisément parce qu'elle est jolie.

Krishnamurti est son propre contre-exemple. L'homme qui a dissous une organisation en 1929 a passé les cinquante-sept années suivantes entouré de fondations et d'écoles portant son nom — Brockwood Park notamment — à parler devant des salles pleines de gens venus l'écouter lui. Soit ça réfute sa thèse, soit ça montre qu'on ne sort pas du problème et qu'on déplace seulement l'organisation d'un cran.

Et je parle d'une œuvre que j'aime. Un article qui commence par « c'est mon anime préféré » et finit par « son défaut principal est en réalité une qualité » devrait éveiller la méfiance. Il a éveillé la mienne ; ça n'a pas changé ma conclusion, ça devrait tempérer la tienne.

Le vrai arbitrage

Ce que j'écris depuis des semaines tourne autour du même constat : les principes ne se trahissent pas, ils se réécrivent ; les gains sont précis et les torts sont flous. Orb est le contre-exemple exact — des gens y paient le prix maximum pour une conviction qui ne leur rapporte rien, dont ils ne verront pas l'aboutissement, et dont ils savent qu'un autre la reprendra. Le troc inverse : tout donner contre rien de visible.

D'où la question que je préfère ne pas éviter. Nous fallait-il un mensonge historique pour arriver à nous représenter quelqu'un qui paie réellement pour un principe ? Je crois que oui, et c'est ce qu'Orb dit de nous, pas du XVe siècle. Nous savons imaginer des institutions qui écrasent ; nous avons du mal à en trouver une, dans l'Histoire réelle, qui l'ait fait pour une question de cosmologie.

Et je reviens à Brudzewski, mort géocentriste à Vilnius vers 1497, dont le seul mérite aura été de bien enseigner le doute à quelqu'un qui n'était pas encore Copernic.

On ne transmet pas une vérité. On transmet la permission de chercher. C'est ce qu'aucune organisation de la vérité ne peut donner, puisque c'est précisément ce qu'elle est faite pour reprendre — et c'est pour ça qu'on ne la ranime pas. On ne ranime que ce qui est mort.